Ma pratique explore les zones où la mesure scientifique touche le mystère — là où le corps lui-même devient un instrument d’observation. Formé à la fois en génie mécanique et en arts visuels, je conçois les œuvres d’art comme des infrastructures cosmologiques : des systèmes de langage autonomes qui permettent deux mouvements simultanés — lire les données scientifiques à travers une lentille sensorielle, ou inversement, lire des systèmes mathématiques construits à partir d’éléments ordinaires.
Le projet que je propose pour cette résidence, Cosmological Matrices, prend le corps humain — avec ses structures perceptives, ses signaux interoceptifs, ses technologies internes — comme cadre de référence principal pour l’investigation cosmologique. Plutôt que de regarder vers l’extérieur depuis la Terre vers l’univers, je tourne l’instrument vers l’intérieur. Ce déplacement est enraciné dans une pratique déjà en dialogue avec la communauté scientifique à travers Cosmologies du Sensible, une plateforme de recherche transdisciplinaire développée sous la supervision de Pierre Cox, ancien directeur d’ALMA.
PISTE 1 — phantom matrices
En travaillant avec des objets textiles collectés — nappes, dentelles, tissus crochetés — je travaille avec le tissage lui-même comme une procédure codée pour organiser l’information. J’applique des opérations simples — symétrie, miroir, découplage géométrique — pour composer des cellules visuelles, imprimées par embossage à sec sur papier. Ce qui reste est une trace en relief, blanc sur blanc : l’empreinte d’une absence, visible uniquement dans des conditions de lumière spécifiques.
Ce ne sont pas des œuvres achevées mais des investigations actives — destinées à être développées à plus grande échelle, sur différents supports, vers des installations complètes où la structure fantôme du textile devient une présence architecturale.



PISTE 2 — dark matrices
En travaillant à partir de données extraites de ma propre analyse médicale orbitale — un fichier DICOM contenant des coupes 2D et un objet 3D navigable — je soumets l’imagerie de mes propres yeux aux mêmes opérations appliquées aux données astrophysiques : miroir, symétrie, découplage géométrique. L’intérieur du corps — ses cavités sombres, son architecture interoceptive — rendu visible par la technologie médicale, devient un espace cosmologique à part entière.
Lorsqu’elles sont mises en miroir, les coupes du scanner produisent des formes évoquant des nébuleuses, des structures de champs gravitationnels, la densité obscure de Sagittarius A. L’obscurité ici n’est pas absence — c’est de la matière. Ces explorations constituent des points de départ vers des œuvres à grande échelle basées sur l’image et des installations immersives, développées en dialogue direct avec les chercheurs du CoG.*





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