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En convoquant des puissances qui dépassent l’approche cartésienne et rationnelle qui se pose   le plus souvent comme relation au monde, Daniela Zuniga entend renouveler notre relation à ce qui nous entoure. Ainsi explique-t-elle qu’elle préfère s’appuyer sur des mythes et des rituels que de segmenter en catégories statiques les choses, êtres et forces qui hantent le monde. Son travail ainsi peut être lu comme une suite de références qui mêlent shamanisme et  réflexion sur la matière. Ainsi l’installation Immortalità est faite d’une croix composées de branches. Tenant debout, elle évoque des symboles grecs, mais penche aussi vers le mystère d’un possible sortilège. Autour, le sol est jonché d’abeilles mortes qui forment un cercle autour de cette croix. Symboles de vie car elles pollinisent les fleurs, elles apparaissent dans cette installation comme prises dans une cérémonie qui nous échappe mais dont le titre, Immortalità nous met sur une piste potentielle. La vie éternelle apparaît ainsi convoquée comme motif culturel qui serait à chercher dans des savoirs anciens et qui semblent désormais mis de coté par la rationalité moderne. Cet entremêlement de symboles s’apparente également à une affirmation selon laquelle paganisme et sacré ont les mêmes racines partagées. C’est en effet en convoquant des motifs et leurs significations que Daniela Zuniga propose de nouvelles lectures et interprétations. Ainsi elle réalise une pièce murale faite d’une couverture de survie présentée comme un tondo oval. Sur celui-ci le tissu est plié à de multiples reprises évoquant ainsi un motif baroque qui l’envisage comme une répétition infinie dans lequel tous dépendent les uns des autres. Ils sont reliés par une forme d’unité. Dans ces plis ainsi se forme, paradoxalement, un monde stable et unique. De fait toute la production de Daniela Zuniga semble remplie de cette réflexion métaphysique qui la porte à explorer tout type d’objets et de formes. Elle réalise un tapis fait de poussière. Le motif est réalisé par pochoir. Il est littéralement prêt à s’envoler tout comme son sens qui peut être abordé autant comme la représentation d’un univers en tant que tel ou le périmètre d’une maison. Il sert aussi à la prière. Mais celui de Daniela Zuniga ajoute à cette volatilité celle de son matériau qui vit à la merci de son environnement dans lequel il peut être réduit, ou effacé ou disparaître. Ainsi au fil de son travail on voit surgir chez Daniela Zuniga de nombreux symboles qui, lus au travers de formes qui tiennent du rituel, voient leurs significations chargées de différents potentiels et produisent le portrait d’un monde régi par des forces qui vont au-delà de celles que l’on peut simplement observer.

François Aubart